Archive for mai, 2007

Consommer bio

Le consommateur dispose d’un pouvoir considérable, celui de dire non à certains produits.

Comment défavoriser les OGM et l’agriculture intensive : en consommant bio. Malgré la demande croissante en France, l’agriculture bio n’est toujours que faiblement encouragée par les décideurs politiques.
On lit souvent que le bio est plus cher, c’est effectivement vrai en moyenne, la différence est flagrante sur la viande, beaucoup moins sur le lait ou les oeufs. Mais on a parfois des surprises, comme avec le chocolat, moins cher que l’équivalent en grandes marques
Mais il faut bien prendre en compte qu’un produit bio est plus nourrissant (une étude sur le kiwi l’a démontré) et moins destructeur pour l’organisme. Effectivement, si vous mangez des pommes qui ont subi plusieurs dizaines de traitements chimiques, votre corps aura besoin de beaucoup d’énergie pour les éliminer (sans compter les risques sur le long terme).

Logo de l’agriculture biologiqueFaut-il on non des produits bio dans grandes surfaces, j’y suis plutôt favorable, mais en déambulant dans les rayons, vous y verrez de nombreuses marques jouant sur l’aspect “vert” et “nature”. Le seul but est de tromper le consommateur. A ce titre, la seule reconnaissance est le label agriculture biologique qui garantit l’aliment sans traitement chimique et sans OGM sur toute la chaîne alimentaire.

Les produits issus du commerce équitable ne sont pas tous bio. En grande surface, vous trouverez essentiellement la marque Max Havelaar qui distribue Alter Eco : par exemple, le thé est bio mais pas le riz. Pourtant, pour moi, ces deux mode de productions sont intimements liés. j’espère qu’à l’avenir commerce équitable signifiera obligatoirement bio.

Ecolabel EuropéenConcernant les produits ménagers, seuls les emballages disposant du logo de l’Écolabel européen sont valables. D’autres produits arborent des logos plus ou moins douteux. En France, la société Arbre Vert est le leader des produits d’entretien bio. Elle dispose d’une gamme complète couvrant tous les besoins et est distribuée en grande surface.
J’ai commencé à remplacer mes produits ménager par ceux de cette marque, et cela ne pose aucun problème, il sont tout aussi efficace et sentent très bon (le gel WC au romarin par exemple). Seul surprise, le produit vaisselle qui ne mousse pas, mais il nettoie parfaitement. La prochaine étape, dans mon cas, concernera le remplacement de la lessive et de l’adoucissant.

Les cosmétiques traditionnels sont bien souvent un concentré de produits chimiques, c’est le cas des antitranspirants. Outre le fait qu’il doivent être utilisés avec parcimonie (la transpiration sert à éliminer les toxines et à réguler la température du corps), il sont souvent à base d’aluminium, qui provoque des cancers et des dégénérescences du système nerveux. Il existe désormais toute une gamme de cosmétique bio qui va du shampooing a la crème pour la peau.
Pour les femmes (ou les hommes !) dont le budget est serré, l’épilation orientale est l’une des méthode les plus naturelles et les plus ancestrales qui soit : peu cher, à faire soit même à base d’eau, de miel, de sucre, et de citron.

Un petit mot sur le label Nature & Progrès, c’est l’un des plus strict qui soit. Outre le fait qu’il soit basé sur l’agriculture bio, il intègre la production et la consommation dans un projet de société : un monde sans OGM, sans OMC et sans AGCS dans un réseau alternatif et solidaire.

A Nature & Progrès, les paysans n’exploitent pas la terre, ils la cultivent !

Sortir du nucléaire

Certaines associations évoquent une sortie du nucléaire dans l’approvisionnement en électricité. Contrairement à ce que certains pensent, cette sortie se ferait sur plusieurs décennies, avec comme principal objectif de ne pas renouveler les centrales qui arrivent en fin de vie.

Mais pourquoi vouloir sortir du nucléaire ? Quelques réponses…

  • L’indépendance énergétique : contrairement aux idées reçues et aux discours de certains hommes politiques qui semblent dans l’ignorance, l’uranium est importé d’Afrique et du Canada. La France pourrait puiser dans ses réserves, mais le coût est actuellement trop élevé.
  • Les déchets nucléaires dont la gestion doit se faire à vie (de l’ordre du million d’années) avec donc une transmission sur le très long terme des risques. Peut-on prendre le risque d’attendre une éventuelle solution pour un retraitement définitif des ces déchets ?
  • Le risque d’incident, même s’il est faible ne doit pas être écarté. Les centrales bénéficient d’une enceinte de confinement qui limite les radiations. Mais en cas d’accident grave comme évoqué dans certains scénarios où une rupture de l’enceinte de confinement est envisagée, alors il faut évacuer un pays tout entier et en très peu de temps (quelques jours). Cette zone géographique sera rendue totalement inhabitable pendant plusieurs décennies.
  • Le nucléaire n’est pas une source d’énergie renouvelable. Les ressources disponibles varient de 30 à 60 ans si l’on tiens compte du prix acceptable à payer.
  • La durée de vie d’une centrale : 10 ans pour la construction, 30 à 40 ans de fonctionnement et de 30 à 50 ans pour le démantèlement. On atteint presque le siècle.
  • Le risque terroriste, il existe, même si les centrales sont protégée par l’armée. Un survol en avion risque de vous faire éclater en morceaux. Mais, elles ne sont pas, la plupart du temps, prévues pour résister au crash d’un avion de ligne. L’autre point à souligner est celui du détournement du combustible à des fins militaires.
  • Le retard dans le développement des énergies renouvelables. On le constate en France, ou l’éolien, le solaire et la biomasse ont pris un retard considérable par rapport à d’autres pays. On a tendance à se reposer sur le nucléaire pour fournir l’électricité, c’est plus facile, l’infrastructure existe déjà au détriment de la recherche et de l’installation de modes de productions alternatifs
  • La concentration de la production : 78% de l’électricité est fournie par les centrales. Ne dit-on pas qu’il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. De plus la concentration de la production oblige à créer des lignes à hautes tensions de très longues portées qui augment la déperdition (2,5 % en moyenne) ainsi que la pollution électromagnétique.
  • Enfin, un aspect directement lié au réchauffement climatique, l’arrivée des canicules de plus en plus fréquentes et le problème du refroidissement des réacteurs. Une centrale nucléaire est refroidie avec de l’eau généralement issue d’une rivière ou d’un fleuve. Lors des dernières canicules, certains réacteurs ont du être arrêtés, car ils devenaient impossible à refroidir (l’eau manquant dans les rivières ou étant trop chaude). D’autres part, l’eau a du être rejetée bien au delà des limites environnementales détruisant le faune et la flore environnante. Si ces canicules se multiplient, devra t-on s’attendre à des coupures d’électricité fréquentes en été puisque l’on dépend à 78 % de cette source de production.

Maintenant voyons les aspects positifs de l’énergie nucléaire, en fait il n’y en a qu’un : l’électricité nucléaire de produit pas de CO2.

L’avenir de la production d’électricité doit avoir plusieurs objectifs, outre la réduction massive de la consommation : multiplier les sources d’approvisionnement (ce qui permet en cas de défaillance ou de problème de l’une de ces sources, de la supprimer sans que l’approvisionnement ne s’écroule) et enfin individualiser la production pour partie et la régionaliser pour l’autre partie. Une zone géographie de la taille d’un département doit pouvoir être en grande partie autosuffisante en terme de production d’électricité.

Sarkozy ou l’opportunisme écologique

La 1ère réunion écologique le lundi 21 mai est, contrairement à ce que disent les associations, bien fade et qui révèle les contradictions du Président.

Contradiction quand l’on sait que le Président ne voulait aucun tabous mais n’invite pas l’association “Sortir du nucléaire”, ni les associations de consommateurs, pourtant les plus à même de faire des propositions pour la mise en oeuvre de la taxe carbone.

Contradiction quand l’on sait qu’il ne veut pas rediscuter de l’EPR, pourtant très largement critiqué.

Sarkozy a-t-il réellement la fibre écologique ? Est-il pleinement conscient des enjeux colossaux auxquels nous devons faire face ?
J’ai comme un doute : le soir de l’élection, il place la lutte contre le réchauffement climatique comme une priorité et le lendemain part en vacance en jet privé (combien de CO2 rejeté inutilement ?) et qu’il cumule depuis son élection les déplacements en avions.

D’autres part il soutient les candidatures de ses ministres et par là même le cumul des mandats. Notre ministre d’état, Alain Juppé, va faire combien d’aller retour entre Paris et Bordeaux ? Vous croyez qu’il prendra le train ?

Il ne suffit pas de vouloir être écologiste pour le devenir, il faut la mettre en pratique au quotidien, et c’est valable aussi pour les hommes politiques. Sinon comment demander au citoyen de faire des efforts, si les chefs d’états et de gouvernements, ne montre aucun prémisse de changement.
Pourtant certains changent, un peu, Angela Merkel s’est dernièrement rendue en Suisse en voiture, plutôt qu’en avion. Bon c’est vrai que c’était sous la pression des écologistes, mais elle a quand même fait un effort. Peut-être que Monsieur Sarkozy ne sait pas que la visioconférence existe…