Archive for juin, 2007
Transport aérien : quotas de CO2
En inaugurant le terminal S3 de Roissy, Sarkozy a souhaité mettre en place un quota de CO2 pour le transport aérien. Initiative louable s’il en est, mais est-ce bien suffisant ?
La trafic aérien est en constante augmentation, la plupart des efforts réalisés pour réduire les émissions de CO2 sont annulés par cette croissance. A moyen terme les compagnies vont dans le mur. A cela deux raisons :
- Il n’existe pas de remplaçant pour le kérosène. Les biocarburants seront de toutes façon insuffisants. A titre d’exemple, il faudrait cultiver l’équivalent de la surface de l’Europe pour produire suffisamment de carburant pour le transport aérien mondiale.
- Que va t-il se passer après le pic pétrolier ?
Les investissements actuellement réalisés pour le transports aériens sont inutiles. Le prix du billet d’avion risque de grimper en flèche dans les 15 prochaines années réduisant les voyageurs à quelques riches privilégiés. Mais alors pourquoi ne pas investir dès maintenant cet argent pour préparer l’après pétrole : développement des réseaux de fibres optiques, régionalisation de la production alimentaire, investissement dans la formation pour les travailleurs issus du transport… Sans doute la peur de froisser les grandes entreprises du secteur. De plus, en limitant, dès maintenant, le transport aérien au strict nécessaire, on pourrait gagner quelques années de sursis.
Les hommes politiques ont bien souvent une vision de la société à très court terme, le risque est pourtant évident : la faillite des compagnies aériennes avec son lot de drames sociales.
Darfour : 1ère guerre climatique
Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon a donné un point de vue intéressant à propos de la situation au Darfour. Il est revenu aux origines du conflit qui portent sur deux phénomènes : une raréfaction de l’eau et une explosion démographique (6 millions d’habitants, la population a doublé en 20 ans). Cette raréfaction de l’eau est en partie due au réchauffement climatique. La région du Darfour peut difficilement supporter une importante densité de population : les terres sont arides, les ressources en eau rare et difficile d’accès. A cela s’ajoute la découverte de ressources pétrolières qui entraîne immanquablement la convoitise.
Mais Ban Ki-Moon dans son analyse ne vas pas assez loin. Combien d’habitants peuvent réellement habiter cette région : le chiffre est sans doute inférieur à 3 millions (population il y a 20 ans) auquel il faut évidemment retirer un certain pourcentage si l’on veut tenir compte de l’évolution futur du climat et surtout des ressource naturelles disponibles sur place (présentes et futurs). Ce chiffre qui est une des clefs du problème n’a jamais été fournis par les Nations Unies.
La résolution du conflit passe inévitablement par un contrôle du taux de natalité. Combien de temps les ONG pourront-elles maintenir ces populations sous perfusion. Il faudra bien un jour ou l’autre arrêter l’aide humanitaire. Une question me tracasse, ces même ONG jouent-elles un rôle dans la contraception ? Je pense que cela doit faire partie intégrante de l’aide aux populations.
Le rôle des ONG n’est pas d’apporter de l’aide alimentaire ou médicale pendant 20 ans, mais de palier aux urgences et aux situations difficiles qui ne doivent être que provisoires. Les populations doivent absolument être autonomes en quelques années au moins en matière alimentaire.
Il est à craindre, dans le futur, le développement de conflits similaires à celui de Darfour dans une grande partie de l’Afrique mais aussi de l’Asie : des guerres pour le contrôle de l’eau et des terres agricoles. Et le plus souvent dans l’indifférence de gens qui se goinfrent de hamburgers devant la télé.
Il serait extrêmement intéressant d’avoir à disposition une carte mondiale du nombre d’habitants acceptable pour une région donnée en tenant compte des ressources naturelles, des conditions climatiques à venir, du respect de l’environnement et de la qualité de vie. Il risquerai d’y avoir de très grosses surprises !
Secrétaire d’État : il y a des trous
Comme l’indique Zdnet, il n’y a pas de Secrétaire d’État chargé des TIC. En fait c’est Valérie Pécresse qui s’en occupera en plus de l’enseignement et de la recherche. On savait que Sarkozy s’intéressait assez peu aux nouvelles technologies, mais au vue de l’importance de ce secteur, c’est assez surprenant de ne voir personne chargé de ce pan de l’économie et de son potentiel. Ce même article nous indique tout de même qu’il y a un conseiller à la présidence de la République. Les brevets logiciels et les droits d’auteurs auront-ils droit à un vrai débat ou ces sujets seront-ils légiféré sans concertations ??? Je crains le pire.
Autre remarque : les anciens combattants ont-ils vraiment besoin d’un Secrétaire d’État ?
RDDV et Juppé out
RDDV (Renaud Donnedieu de Vabres - ex ministre de la culture) et sa loi DADVSI passée en force sur les ordres de Sarkozy, est battu. Il y a peut-être une justice finalement. Il est l’instigateur de la pire loi jamais votée criminalisant 8 millions d’internautes et, on le voit aujourd’hui, ne servant strictement à rien. Les échanges sur les réseaux P2P se portent toujours aussi bien. Peut-être que celui qui ne voulait pas entendre parler de licence globale aurait mieux fait de s’intéresser à cette solution qui reste l’un des meilleurs compromis entre respect des droits d’auteurs et liberté du public. Bon il est vrai que la nouvelle ministre de la culture ne semble, elle aussi, ne rien comprendre à internet et s’engage déjà dans la voie de la censure et de la répression, mais on va attendre un peu avant de la critiquer.
Quand à Juppé, incapable d’imposer un seul moratoire, même sur le très controversé maïs Monsanto MON810, il paye sans doute le fruit de son inaction et de son désir de cumul de mandats. Reste à savoir si son remplaçant (ou sa remplaçante) aura une véritable volonté politique de faire les grands changements nécessaires (en se mettant à dos quelques grands lobbies au passage) et aussi être un as de la communication, car il sera bien difficile de faire comprendre aux gens qu’il n’est plus question de partir en week-end au Maroc.
Juppé cède sur les OGM
Il n’a pas résisté bien longtemps. Devant la crainte face au maïs Monsanto MON810 qui a été interdit en Allemagne, et dont les risques pour la santé sont inquiétants, Alain Juppé avait d’abord pensé imposer un moratoire sur cette variété. Mais devant la pression de la ministre de l’agriculture, il a décidé de revoir sa position.
Alors qu’il est interdit en Allemagne, c’est quelques 30,000 hectares qui sont plantés en France par quelques agriculteurs pro-OGM. On peut donc encore une fois s’asseoir sur le principe de précaution. Pour ceux qui en doute encore, le gouvernement actuel fait passer les intérêts économiques avant l’environnement et la santé.
Il est a craindre que le ministre ait laissé traîner les choses jusqu’à la fin des semis afin de ne pas imposer de moratoire. Les hommes politiques continuent de rester au services des multinationales et des grands lobbies agricoles au détriment de la population et de l’environnement.
Si ce ministre d’état n’arrive pas à faire passer l’environnement comme une priorité, il y a fort à parier que le grenelle annoncé pour la rentrée ne soit qu’une vaste farce ou une opération de communication, au choix.
Les premiers pas d’Alain Juppé en temps que “super ministre” sont bien mal partis. On pourrait presque en rire si les conséquences de ce genre de décision ne soient pas si graves. D’autre part une question reste toujours en suspend : qui va indemniser les agriculteurs bio en cas de contamination. Lors d’un récent procès, un apiculteur n’a eu que ses yeux pour pleurer, contrairement à un cas similaire en Allemagne. Décidément le monde tourne de moins en moins rond.
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