Archives pour juillet 2008|Archives mensuelles

Réflexions sur le néo-malthusianisme moderne…

…ou la démographique contrôlée, aussi appelé néo-malthusianisme écologique.

Ce terme, à ne pas confondre avec le malthusianisme, fait souvent très peur, y compris aux écologistes convaincus. Pourtant, le but du néo-malthusianisme moderne n’est pas contrôler pour contrôler, mais de contrôler pour mieux vivre et surtout assurer une pérennité à la civilisation en associant qualité de vie, respect de l’environnement et préservation des ressources naturelles.

Quelques remarques qu’il est extrêmement important de faire : le néo-malthusianisme n’a rien à voir avec l’eugénisme (qui consiste à vouloir améliorer l’espèce humaine, et a souvent des évocations nazis. L’eugénisme est couramment pratiquée en agriculture : sélection des races et OGM). Ensuite la culture religieuse et notamment chrétienne dont on hérite de par notre histoire nous empêche de considérer le contrôle de la natalité (ultra choquant pour beaucoup de personnes) comme un compromis acceptable. On est une civilisation qui préfère la souffrance à la mort. D’autre part la terre ne peut subvenir aux besoins qu’à un nombre limité de personnes, c’est purement mathématique. Enfin dernier point, beaucoup voit dans le néo-malthusianisme, un mouvement anti-progrès. Il n’en n’ai évidemment rien, la civilisation continuera à évoluer, elle le fera simplement un peu moins vite.

Le rejet du néo-malthusianisme est avant à voir du coté des économistes et des politiques. Notre société actuelle est entièrement fondée sur la croissance, l’hyper-consommation et la mondialisation. L’un des piliers de ce modèle économique est la démographie (le système de retraite, par exemple, qui s’effondre en cas de stagnation de la population). Entamer une décroissance démographique pour atteindre un point d’équilibre induirait soit une décroissance économique, soit purement et simplement un changement de modèle économique. Les premiers perdants de ce changement seraient les grandes multinationales, les places boursières, … toute la haute sphère de la société. C’est sans doute pour cette principale raison que ce sujet n’est jamais abordé, ni dans les médias, ni en politique.

La croissance démographique induit une urbanisation accrue de laquelle découle des déboisements massifs (avec rejet de CO2), des terres cultivables moindres (obligeant à une agriculture intensive et destructrice pour l’homme et l’environnement) et un pillage des ressources naturelles. La pression sur l’environnement devient déjà intenable : urbanisation outrancière, tensions entre peuples, … Il n’y a pas besoin d’aller bien loin de se rendre compte des effets de la pression démographique : en France, le bétonnage et l’urbanisation vont bon train et, il est à craindre que bon nombre d’enfants actuels n’auront pour seul logement qu’un petit appartement. Exit la maison avec jardin : les surfaces constructibles seront insuffisantes (elles le sont déjà d’ailleurs), exit les grandes prairies et les forêts, seuls subsisteront quelques parcs régionaux, la nature sous cloche en quelques sortes.

La crise alimentaire actuelle est en partie due à un accroissement démographique incontrôlé avec des phénomènes extrême de pauvreté. Car pour produire à des prix raisonnables de grandes quantités de nourriture (culture d’OGM, de palmier, de soja,…), les pays occidentaux s’accaparent les terres des pays du sud, virant sans ménagement les paysans (Argentine, Indonésie). Ces derniers vont, soit s’entasser dans des bidonvilles (devenant ainsi entièrement dépendant de l’aide alimentaire), soit vont déboiser de nouvelles terres pour nourrir leurs familles, poursuivant le cycle destructeur, soit émigrer. C’est ce qui se passe actuellement avec certaines régions d’Afrique (le Darfour, par exemple) et cela peut vite devenir ingérable. Un afflux important d’immigrés dans une zone ou la densité de population est déjà trop importante peut vite tourner au cauchemar (le cas de l’Afrique du Sud est typique).

La mise en place d’une politique anti-nataliste est souvent vouée à l’échec (Inde et chine en sont de parfaits exemples), il est donc plus à craindre que le seuil de tolérance de la planète soit rapidement atteint (il l’est déjà dans une certaine mesure) et que l’on assistera à un effondrement démographique violent (famine, guerres et épidémies en seraient les principales causes).

Le calcul du nombre d’habitant acceptable sur la planète dépend de la qualité de vie souhaitée (30 milliards pour une vie de paysan du Bangladesh, 900 millions pour un Australien, 1,7 milliard pour un français moyen), mais aussi du respect de l’environnement, des ressources naturelles, de l’espérance de vie, … La répartition de la population (hors zones à risques) doit se calculer pour une autonomie quasi totale en eau, alimentation et énergie. Arrêtons de croire que la science et la technique résoudrons tous nos problèmes. Actuellement, elles aggravent plus souvent les situations qu’elles ne résolvent de problèmes, car les solutions sont avant tout pensées pour faire de l’argent et non pour faire évoluer la société.

Lorsque l’Homme n’intervient pas, la nature régule d’elle même la démographie des animaux. Elle le fait aussi parfois pour l’homme, de manière très violente. L’homme a toujours combattu cette régulation, pour son bien-être (médecine, hygiène, travail mécanisé moins éprouvant, …), c’est une évolution logique, mais il faut en accepter la contre-partie : une diminution de la natalité.

Le contrôle de la démographie est reprise dans le modèle de société Ecotopia. Voici quelques avantages d’une démographique contrôlée :

  • La limitation de l’impact des catastrophes naturelles en évacuant les zones à trop hauts risques (zones sismiques, soumises à de fréquents cyclones, aux inondations, …)
  • Des ressources naturelles abondantes et beaucoup moins limitatives (eau par exemple)
  • Préservation des forêts et de la biodiversité
  • La limitation des migrations massives et des conflits qu’elles entraînent

Le contrôle de la démographie est un devoir pour les générations futures.