Archive de la catégorie «Internet»
The Pirate Bay : la naissance d’un mythe
Depuis plusieurs années, les maisons de disques attaquent de toutes parts pour préserver leur gagne-pain et en particulier The Pirate Bay. Mais pour ce dernier, les attaques se retournent systématiquement contre cette industrie, car les gars derrière ce site sont passés maîtres en matière de communication, répondant systématiquement et les tournant en ridicule. Mieux encore, ils médiatisent à chaque fois, faisant grimper leurs audiences et surtout leur nom, accédant ainsi au palmarès des 100 sites les plus populaires au monde.
Après le procès qui vient de s’achever et même s’il ont perdu (mais ce n’est pas fini avec les différents recours), l’aura de The Pirate Bay n’en est que renforcée. Mais une autre force, politique cette fois, profite du procès : le Parti Pirate suédois qui a enregistré 1.600 nouvelles adhésions en 4 heures devenant ainsi une force politique majeur en Suède. Cette fois la guerre des droits d’auteurs a définitivement glissée dans le camp politique et les gouvernements devront faire avec.
Finalement, ce sont bien les industries culturelles qui ont construit la notoriété de The Pirate Bay en omettant plusieurs paramètres dans leur guerre : elles maîtrisent très mal les nouveaux outils de communication, elles n’ont jamais voulu faire évoluer leur business model et se placer en concurrence direct avec les réseaux peer-to-peer et elles ont plusieurs années de retard dans la compréhension des modes de consommation et des usages de leurs clients.
Malgré elles, les industries culturelles construisent leur propre déchéance, leur image est catastrophique, entrainant dans leur sillage certains artistes. Même si ces derniers commencent à s’en rendre compte et essayent de quitter le navire avant qu’il ne coule !
Interview de Benjamin Bayart sur Ecrans.fr
Ecrans.fr a eu la bonne idée d’interviewer Benjamin Bayart, président du French Data Network, le plus vieux fournisseur d’accès Internet français.
Il en ressort des éléments importants, comme l’intérêt qu’on certains groupes privés et l’état à transformer Internet en Minitel
ainsi que la mise en place du filtrage, officiellement pour lutter contre la pédophilie, officieusement, cela servira à filtrer et à contrôler Internet tout simplement. Il ne faudra que peu de temps avant que ce filtrage ne s’étende à d’autres formes de contenu… La Chine 2.0 en quelques sortes. Avec pour conséquence première la multiplication de réseaux clandestins où on ne pourra rien repérer
ou quand la solution est pire que le mal.
Liberté chérie…
Il n’est pas un jour sans que la liberté d’expression et même la liberté tout court ne soit attaquée. Dernières dérives en dates, Wikipédia en Angleterre. L’Internet Watch Foundation UK a fait filtrer par les FAI anglais la pochette de l’album Virgin Killer de Scorpions. Cette pochette a été publiée en 1976 et est présente partout sur le net (Amazon, …). Cela se passe en Angleterre, mais ne vous croyez pas à l’abris en France, le gouvernement nous prépare la même chose. La lutte contre la pédo-pornographie sert de prétexte à la mise en place d’un filtrage d’internet.
Comme écrit dans l’article de Wikinews, faut-il faire retirer les disques de Scorpions des magasins, mais aussi le Nevermind de Nirvana (ou un bébé apparait nu) et les livres du Marquis de Sade qui sont en vente libre (le Marquis fait tout de même l’apologie de la pédophilie) et pourquoi pas interdire le naturisme (oh mon Dieu, il y a des enfants qui se baladent tout nus au milieu des adultes). Je grossis le trait, mais on n’est pas très loin de la réalité.
Vouloir filtrer internet au nom de la lutte contre la pédophilie va provoquer des dommages collatéraux considérables, va faire fuir les pédophiles vers des réseaux sécurisés quasiment indétectables, et aura finalement l’effet inverse. C’est comme si l’on demandais à La Poste d’ouvrir toutes les lettres pour savoir s’il n’y a pas de photos délictueuses. Mais, beaucoup plus grave, c’est la boîte de Pandore que l’on ouvre car qui nous dit que l’on ne va pas filtrer des sites pornographiques, des sites contestataires, des opposants aux différents gouvernements,… Malheureusement, au regard de l’Histoire, ces dérives ont déjà eu lieu par le passé, et pourraient revenir très vite si l’on y prend pas garde. Pour ce faire les politiques utilisent l’émotion (For the children) à bon escient. Ils se servent de l’émotion suscitée par ces crimes horribles (qui pourrait être contre la lutte contre la pédophilie ?), pour faire progressivement accepter des lois liberticides.
La même méthode a été utilisée après le 11 septembre : au nom de la lutte contre le terrorisme, les états ont mis en place des lois ultra liberticides (provoquant la peur dans la société, fer de lance des terroristes).
Mais sachez qu’il est quasiment impossible de revenir en arrière sans guerres ou révolutions.
Un état qui filtre internet, quels qu’en soit les motifs, ne peut être un état démocratique.
Papa, où étais-tu quand ils ont supprimé la liberté sur Internet ?
M6 Replay : Windows inside
M6 a décidé de suivre le chemin de TF1, à savoir exclure une partie des internautes. Leur service, M6 Replay, qui permet de visionner des séries et émissions pendant plusieurs jours après un passage télé, n’est compatible ni Mac, ni Linux. On s’attendait à ce que cette chaîne ne reproduise pas les erreurs de la une, et bien non, pas de bol, il faut obligatoirement Windows et leur Media Player bourré de DRM. Elle est belle l’universalité !
Il devrait appeler leur “service” M6 Windows Replay.
Finalement, je préfère aller sur Arte+7, qui lui est compatible Mac. Et pour Californication, j’utiliserai le bon vieux magnétoscope.
PS : j’ai aussi essayé sous Windows et c’est le parcours du combattant : installation de plugins en pagaille, les autorisations pour les DRM qui s’activent de façon aléatoires… bref au bout de 5 minutes, j’ai toujours pas réussi à voir une seule vidéo.
Quand l’Angleterre dérape… la France déraille
On savait déjà que l’Angleterre était sur la voie des dérives sécuritaires et big-brotheriennes : caméras de surveillance à outrance, fichage systématique, … mais, elle vient de franchir un nouveau pas, en permettant à toute personnes de vérifier les antécédents pédophiles de ses voisins (pour l’instant ce système reste à l’essai). Outre le fait que les fichiers de la police n’ont rien d’intègres et recèlent de nombreuses erreurs, ce système permet avant tout de mettre en place une suspicion généralisée sur quasiment tout les hommes du quartier. Au regard des mères de famille, les voisins seront suspects jusqu’à ce qu’elles puissent vérifier qu’il n’en n’est rien. La présomption d’innocence est remplacée par la présomption de culpabilité.
Et quand ce n’est pas la pédophilie qui sert de prétexte aux dérives sécuritaires, c’est le terrorisme, comme en France ou un décret est en préparation concernant la rétention des données pendant un an (IP, pseudo, matériel, login et même mot de passe – bonjour la sécurité !). il s’agit de protéger les utilisateurs d’Internet – Il ne s’agit pas de surveiller à la Big Brother
dixit Michèle Alliot-Marie. Et pourtant, lorsque l’on rajoute cette dernière info à la vidéosurveillance, au fichage généralisé, à la biométrie, aux RFID, … ça commence à faire beaucoup.
Les hommes politiques comprennent bien que la peur, dont la société est gangrenée, est un outil fantastique qui permet d’imposer toutes les mesures sans avoir à se justifier. Le pouvoir qu’engendre ces technologies sans contrôles est immense et sans limites… Mais c’est pour votre sécurité…
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