Archive de la catégorie «Politique»

La mort de la taxe carbone ?

N’ayons pas peur des mots, la taxe carbone ou Contribution-Climat-Energie est en passe de n’être qu’une taxe supplémentaire et ce pour plusieurs raisons :

  • Elle n’inclue pas l’électricité, ce qui implique, à terme, un report de la consommation d’énergie fossile vers l’électricité. Or, le but premier de la Contribution-Climat-Energie est de faire diminuer la consommation d’énergie dans son ensemble. D’autre part le report vers l’électricité se fera au profit du nucléaire dont on sait qu’il est, à moyen terme, condamné (réserve d’uranium à 85 ans au mieux, 10 ou 20 ans si l’on continue à construire des centrales à tout va), sans compter les pollutions indirectes et le problème du stockage.
  • Elle est déjà trop faible pour avoir un impact (on évoque désormais 14 € la tonne). Pour qu’elle ait un effet significatif sur des habitudes très fortes, il faut qu’elle soit immédiatement visible (au moins 50 € la tonne pour démarrer).
  • Elle ne sera pas intégralement reversée aux citoyen. Or pour aider, notamment les plus pauvres, à changer leurs habitudes, il faut les y inciter et les aider, via la redistribution de cette taxe en chèques verts.
  • Elle n’est pas accompagnée d’un vaste plan de restructuration de la société : aménagement du territoire, urbanisme, transport, télétravail, … Sans cette réflexion profonde, elle n’aura aucun effet, si ce n’est accroitre encore les inégalités. On en est encore à construire des autoroutes… c’est dire le travail à réaliser

D’autre part, le seconde étape serait la mise en place d’une TCA (Taxe sur le Carbone Ajouté)[1] qui pourrait se substituer à la TVA actuelle, partiellement ou totalement. Le principe, cette fois, est de favoriser l’économie ultra locale, notamment, et à commencer par l’alimentation. L’idée est que, très rapidement, les tomates venues d’Espagne en janvier se retrouve à plusieurs centaines d’euros le kilo. Mais que celles issus d’une AMAP locale en juillet soit très attractive financièrement. Avec cette deuxième étape on s’attaquerai directement au modèle économique.

[1] Terra Economica en parle

The Pirate Bay : la naissance d’un mythe

Depuis plusieurs années, les maisons de disques attaquent de toutes parts pour préserver leur gagne-pain et en particulier The Pirate Bay. Mais pour ce dernier, les attaques se retournent systématiquement contre cette industrie, car les gars derrière ce site sont passés maîtres en matière de communication, répondant systématiquement et les tournant en ridicule. Mieux encore, ils médiatisent à chaque fois, faisant grimper leurs audiences et surtout leur nom, accédant ainsi au palmarès des 100 sites les plus populaires au monde.
Après le procès qui vient de s’achever et même s’il ont perdu (mais ce n’est pas fini avec les différents recours), l’aura de The Pirate Bay n’en est que renforcée. Mais une autre force, politique cette fois, profite du procès : le Parti Pirate suédois qui a enregistré 1.600 nouvelles adhésions en 4 heures devenant ainsi une force politique majeur en Suède. Cette fois la guerre des droits d’auteurs a définitivement glissée dans le camp politique et les gouvernements devront faire avec.

Finalement, ce sont bien les industries culturelles qui ont construit la notoriété de The Pirate Bay en omettant plusieurs paramètres dans leur guerre : elles maîtrisent très mal les nouveaux outils de communication, elles n’ont jamais voulu faire évoluer leur business model et se placer en concurrence direct avec les réseaux peer-to-peer et elles ont plusieurs années de retard dans la compréhension des modes de consommation et des usages de leurs clients.
Malgré elles, les industries culturelles construisent leur propre déchéance, leur image est catastrophique, entrainant dans leur sillage certains artistes. Même si ces derniers commencent à s’en rendre compte et essayent de quitter le navire avant qu’il ne coule !

La crise met le grenelle au placard

La crise et l’obligation de résultats à très courts termes entraîne des choix surprenants et, souvent, à contre-courant. Ainsi dans le plan de relance français, on trouve des simplifications administratives comme la procédure d’autorisation des installations classées pour la protection de l’environnement, qui à terme devrait surtout créer de l’emploi dans les hôpitaux.

Pour faire face à la crise, le gouvernement semble vouloir aider des secteurs déjà condamnés, plutôt que de miser sur l’avenir :

  • Construction de 3 nouvelles autoroutes (qui va les emprunter quand il n’y aura plus de pétrole) et aide pour l’industrie automobile dont la prime à la casse (il ne vaudrais pas mieux réaménager le territoire pour faire en sorte que les gens puissent se passer de voitures – le modèle Ecotopia est un bon exemple).
  • Aide financières pour Airbus
  • Aide pour les journaux…. papier (à l’heure d’internet)
  • Construction d’un 2ème EPR (si les politiques veulent dépenser de l’argent, ils peuvent construire une centrale combi, des éoliennes offshore, des centrales solaires à concentration,…)

Il y a aussi la construction d’un circuit de Formule 1 sur une nappe phréatique et des terres agricoles. La sécurité alimentaire semble un concept bien lointain… mais les Formules 1 seront peut-être en chocolat… Ne vaudrait-il pas mieux créer des AMAP ?

A l’opposé on voit une diminution des crédits pour le planning familiale, qui aura pour effet d’augmenter le taux de natalité (avec toutes ses conséquences : bétonnage, surexploitation des terres, …). Et puis il n’y a rien concernant les nouvelles technologies comme l’implantation de fibres optiques, par exemple, permettant d’accroître le télétravail et donc de diminuer les déplacement.

Pourtant les investissements créateurs d’emplois et écologiquements responsables ne manque pas : économies d’énergies, mise aux normes HQE des bâtiments public (voir à énergie positive), aide aux agriculteurs voulant passer au bio, …

Les choix politiques à très courts termes sont décidément incohérents avec une vision globale de l’avenir.

Nathalie Kosciusko-Morizet au Numérique

Pour une surprise, c’est une surprise. Nathalie Kosciusko-Morizet passe donc de l’écologie à la Prospective et au Développement de l’Economie Numérique, auprès du premier ministre.
Il faut dire que j’ai eu très peur lorsque le nom de Frédéric Lefebvre est apparu dans les rumeurs pour ce poste (il s’est, entre autre, distingué à l’Assemblée Nationale par des propos quelques peu effrayant…) Mais ce poste peut aussi être un joli piège. Car, outre le fait qu’elle soit la soeur du PDG de Priceminister et Président l’Association pour le Commerce et les Services en Ligne, elle va devoir gérer le massacre des libertés sur internet : filtrage, labelisation, riposte gradué (qui empiète largement sur le développement de l’économie numérique), les droits d’auteurs à l’ère du numérique (le cas Wizzgo par exemple), … Alors saura-t-elle réexpliquer les enjeux de la liberté sur internet au Chef de l’Etat, ou va-t-elle appliquer, sans discernement, la politique de Sarkozy ? Car si le Président avait voulu booster sa carrière (c’est une possible présidentiable pour 2012), il l’aurait nommée Ministre à la place de Borloo. L’avenir nous dira si c’était un cadeau empoisonné ou pas, un façon de commencer à faire le tri pour 2012.

Reste que NKM était bien dans ses bottes à l’écologie, on avait enfin un politique qui connaissait très bien son sujet. A tel point qu’elle avait osée affronter les députés sur la question des OGM. Et c’est, à mon avis, la seule, à pouvoir mettre en place un Après Grenelle, car ce dernier n’était qu’une mise en bouche un peu fade, car c’est maintenant qu’il va falloir commencer à prendre des décisions radicales en matière d’écologie, et cela n’est pas compatible avec la politique actuelle du Président.

Maintenant, il faut attendre un peu pour connaître le nom de son/sa remplacant(e).

Liberté chérie…

Il n’est pas un jour sans que la liberté d’expression et même la liberté tout court ne soit attaquée. Dernières dérives en dates, Wikipédia en Angleterre. L’Internet Watch Foundation UK a fait filtrer par les FAI anglais la pochette de l’album Virgin Killer de Scorpions. Cette pochette a été publiée en 1976 et est présente partout sur le net (Amazon, …). Cela se passe en Angleterre, mais ne vous croyez pas à l’abris en France, le gouvernement nous prépare la même chose. La lutte contre la pédo-pornographie sert de prétexte à la mise en place d’un filtrage d’internet.

Comme écrit dans l’article de Wikinews, faut-il faire retirer les disques de Scorpions des magasins, mais aussi le Nevermind de Nirvana (ou un bébé apparait nu) et les livres du Marquis de Sade qui sont en vente libre (le Marquis fait tout de même l’apologie de la pédophilie) et pourquoi pas interdire le naturisme (oh mon Dieu, il y a des enfants qui se baladent tout nus au milieu des adultes). Je grossis le trait, mais on n’est pas très loin de la réalité.

Vouloir filtrer internet au nom de la lutte contre la pédophilie va provoquer des dommages collatéraux considérables, va faire fuir les pédophiles vers des réseaux sécurisés quasiment indétectables, et aura finalement l’effet inverse. C’est comme si l’on demandais à La Poste d’ouvrir toutes les lettres pour savoir s’il n’y a pas de photos délictueuses. Mais, beaucoup plus grave, c’est la boîte de Pandore que l’on ouvre car qui nous dit que l’on ne va pas filtrer des sites pornographiques, des sites contestataires, des opposants aux différents gouvernements,… Malheureusement, au regard de l’Histoire, ces dérives ont déjà eu lieu par le passé, et pourraient revenir très vite si l’on y prend pas garde. Pour ce faire les politiques utilisent l’émotion (For the children) à bon escient. Ils se servent de l’émotion suscitée par ces crimes horribles (qui pourrait être contre la lutte contre la pédophilie ?), pour faire progressivement accepter des lois liberticides.
La même méthode a été utilisée après le 11 septembre : au nom de la lutte contre le terrorisme, les états ont mis en place des lois ultra liberticides (provoquant la peur dans la société, fer de lance des terroristes).

Mais sachez qu’il est quasiment impossible de revenir en arrière sans guerres ou révolutions.

Un état qui filtre internet, quels qu’en soit les motifs, ne peut être un état démocratique.

Papa, où étais-tu quand ils ont supprimé la liberté sur Internet ?

Page suivante »