Archive de la catégorie «Société»
Etude du magazine Les Linéaires sur le prix du bio
Le magazine Les Linéaires à réalisé une étude sur le prix des produits bio en grandes surfaces (664 produits). Constat : + 72 % pour le bio.
Cette étude ne nous apprend pas grand chose. Par contre elle risque de biaiser l’approche que peut avoir le consommateur vis à vis du bio. Car elle ne prend en compte qu’un seul facteur : le prix final du produit.
Or pour calculer le véritable coût des produits bio, il faut inclure dans l’étude de nombreux autres paramètres :
- Le prix de revient après cuisson (flagrant sur la viande)
- Le supplément nutritionnel apporté par le bio (de plus, les personnes qui mangent bio n’ont pas le même régime alimentaire et mange même moins, notamment en dehors des repas)
- Le coût pour la santé du consommateur et par conséquence sur les dépenses de la Sécurité Sociale
- Le coût environnemental (biodiversité, pollution des sols et des nappes phréatiques, …)
- Le coût des subventions données à l’agriculture intensive en comparaison avec l’agriculture bio
- …
Les coûts cachés ne sont absolument pas inclus dans cette étude, de ce fait, on se demande quelle est son intérêt.
Maintenant, il serait peut-être judicieux de réaliser une étude sur l’impact bénéfique des produits bio pour l’ensemble de la société.
Comment Nourrir le Monde en 2050
Mise à jour : en complément – la prise en compte de la fin du pétrole :
Comment Nourrir le Monde en 2050 – voilà l’intitulé du forum de la FAO qui se tiendra à Rome les 12 et 13 octobre prochain.
Son constat est simple : augmenter la production alimentaire de 70% pour nourrir 2,3 milliards de personnes de plus d’ici à 2050
et les terres arables devront augmenter d’environ 120 millions d’hectares dans les pays en développement
.
La FAO a raison sur un point : l’augmentation des rendements agricoles dans les pays en développement a encore un potentiel important. Mais attention aux méthodes utilisées ! Si c’est pour polluer les terres et les rendre stériles à coup de produits chimiques, le problème ne sera que reporté de quelques années ou quelques décennies, au mieux, et cela pourrait-même être pire dans le futur. La pollution des terres fait des ravages en Inde par exemple (le contre-coup de la révolution verte).
Par contre pour ce qui est des pays “dits développés”, l’augmentation du rendement des terres n’est plus possibles sans causer des dégâts irréversibles. Les terres sont déjà surexploités, extrêmement polluées, voire même urbanisées et donc perdues.
Le problème de la FAO, c’est qu’elle ne s’intéresse qu’à l’alimentation et pas aux problèmes environnementaux dans leur globalité ! Dans ce cas les politiques qu’elle peut préconiser ne sont que de la cosmétique sur une peau bien mal en point. Elle ne tient pas compte de la biodiversité, qui nécessite de laisser à la nature des millions d’hectares de terres sans hommes pour venir la perturber, cela vaut pour tous les pays du monde (l’urbanisation galopante est un véritable fléau). Ni même du recyclage des déchets ou des besoins énergétiques de base des habitants (électricité, chauffage, cuisson des aliments, …).
Elle est, comme beaucoup d’autres organisations, dans l’incapacité à voir la source première des problèmes : la démographie (à laquelle on peut ajouter la mondialisation et le système économique).
Car quoi que l’on fasse, 9,3 milliards d’humains en 2050 ne pourront avoir une qualité de vie décente sans endommager de manière irréversible la planète, et mettre par la même occasion en péril la survie de l’espèce humaine. Alors, soit des hommes, des femmes et des enfants, seront laissés sur le bord de la route, comme c’est le cas actuellement, soit on consent à poser sur la table les sujets qui fâchent.
25 septembre 2009 : Earth Overshoot Day
Nous y sommes, l’Earth Overshoot Day, pour cette année 2009, est le 25 septembre.
Nous, les habitants de cette planète, avons consommé toutes les réserves renouvelables que la nature peut produire. Et l’on vit désormais à crédit… jusque quand ?
Norman Borlaug, de la révolution verte à la crise démographique
C’a y est, c’est parti, les média encense Norman Borlaug, suite à son décès des suites d’un cancer. On nous dit même que c’est l’homme qui a sauvé le plus de vies dans l’histoire de l’humanité
(directrice du Programme alimentaire mondial de l’Onu). Rien que ça ! Pourtant Norman Borlaug s’inscrit dans la grande tradition du court terme : la révolution verte à peut-être sauvé des vies dans l’après guerre, mais fait combien de morts aujourd’hui ?
Ce qu’il faut comprendre c’est que dans la société d’après guerre, le concept d’équilibre démographique n’était pas d’actualité, le seuls mots d’ordre était croissance économique et démographique pour assouvir la notion d’états puissants.
Cette révolution verte à permis à l’Inde, par exemple, de nourrir des millions de personnes mais d’empêcher toute régulation démographique que ce soit de manière naturelle ou contrôlée. Pire, elle a contribué à empêcher les états de prendre conscience du concept de limites (démographique, économique, …).
Les conséquences actuelles sont terribles et terrifiantes. Pour reprendre le cas de l’Inde, le pays est confronté à de tel niveau de pollution, que, dans certaines région, une partie de la population est condamné à mourir d’un cancer, les nappes phréatiques sont polluées aux métaux lourds, les sols et les rivières sont infestés par les pesticides et autres produits chimiques. Mais, encore plus grave, cette pollution des terres condamne les paysans à toujours plus de produits chimiques : sans ces “aides chimiques”, les rendements vont s’effondrer, revenant à leur niveau “naturel”, mais incapables de nourrir des terres désormais largement surpeuplées.
Pour continuer dans le cercle infernal, les produits chimiques et semences qui vont avec sont la propriété de grandes multinationales, ce qui signifie que l’indépendance alimentaire n’est plus qu’un lointain souvenir…
Alors Norman Borlaug à-t-il vraiment sauvé des vies ou a-t-il servi de caution morale à l’insolente croissance démographique ?
La mort de la taxe carbone ?
N’ayons pas peur des mots, la taxe carbone ou Contribution-Climat-Energie est en passe de n’être qu’une taxe supplémentaire et ce pour plusieurs raisons :
- Elle n’inclue pas l’électricité, ce qui implique, à terme, un report de la consommation d’énergie fossile vers l’électricité. Or, le but premier de la Contribution-Climat-Energie est de faire diminuer la consommation d’énergie dans son ensemble. D’autre part le report vers l’électricité se fera au profit du nucléaire dont on sait qu’il est, à moyen terme, condamné (réserve d’uranium à 85 ans au mieux, 10 ou 20 ans si l’on continue à construire des centrales à tout va), sans compter les pollutions indirectes et le problème du stockage.
- Elle est déjà trop faible pour avoir un impact (on évoque désormais 14 € la tonne). Pour qu’elle ait un effet significatif sur des habitudes très fortes, il faut qu’elle soit immédiatement visible (au moins 50 € la tonne pour démarrer).
- Elle ne sera pas intégralement reversée aux citoyen. Or pour aider, notamment les plus pauvres, à changer leurs habitudes, il faut les y inciter et les aider, via la redistribution de cette taxe en chèques verts.
- Elle n’est pas accompagnée d’un vaste plan de restructuration de la société : aménagement du territoire, urbanisme, transport, télétravail, … Sans cette réflexion profonde, elle n’aura aucun effet, si ce n’est accroitre encore les inégalités. On en est encore à construire des autoroutes… c’est dire le travail à réaliser
D’autre part, le seconde étape serait la mise en place d’une TCA (Taxe sur le Carbone Ajouté)[1] qui pourrait se substituer à la TVA actuelle, partiellement ou totalement. Le principe, cette fois, est de favoriser l’économie ultra locale, notamment, et à commencer par l’alimentation. L’idée est que, très rapidement, les tomates venues d’Espagne en janvier se retrouve à plusieurs centaines d’euros le kilo. Mais que celles issus d’une AMAP locale en juillet soit très attractive financièrement. Avec cette deuxième étape on s’attaquerai directement au modèle économique.
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